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 Extreme passivity has its own power ft. ada

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LVL
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Stranger Things
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Andreas Golding

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Lun 22 Avr - 8:03

p a s s i v i t y
     
La vérité, c'est qu'il savait que le moment le plus excitant de cette soirée allait être avant d'arriver.
Andreas avait toujours aimé créer des tenues. Le fait est qu'elles n'étaient pas toujours très réussies, mais son charme les rendaient acceptables -alors il continuait. Aujourd'hui, il voulait quelque chose qui captiverait, parce qu'il savait déjà que les autres oeuvres qu'il verrait ne le passionnerait pas. L'artiste était -mh, pas forcément mauvais, juste terriblement ennuyant. Les messages n'arrivaient pas jusqu'à la caboche d'Andreas.
Visiblement, ils perçaient les pupilles de bien d'autres gens -et comme le gratin de Vegas a ses règles, Andreas se devait d'être aussi éclairé que les autres. Ca semblait presque être un critère pour séparer le beau monde de la plèbe -une belle connerie, voyez-vous, puisque c'est bien les petits gens qui ont construit les casinos. Qui ont tout construit en ce monde.
Il débarque au Moonstone avec une veste de costume oversize qui dévoile l'ébène de sa peau en un V jalousant les décolletés féminins. Le pantalon 7/8ème assorti -d'une belle couleur olive - se complète par des baskets bien trop larges, blanches, streetwear (bien confortable pour fuir à toute vitesse à la première occasion). De ses mains pleines de bagues, Andreas attrape directement un verre de champagne, aussi doré que son fin choker (message subliminal sur le déroulement de la soirée).
Et voilà. Il se fait chier.
Il imagine ce qu'il se passe au casino -il aurait tant aimé voir les lumières et les sourires. A la place il a le droit à des demi-mensonges et des potins avariés, même pas drôles, du bas de l'échelle.
Il discute de temps à autre, rigole deux trois fois, félicite l'artiste, déblatère des clichés qui font sourire, se force à ne pas regarder son téléphone, avale une gorgée d'alcool à la place. C'est que c'est difficile.
Il s'arrête devant une oeuvre. Il ne la regarde pas -enfin si, mais pas vraiment. Son regard est dirigé vers la toile, son cerveau vers la femme. Mademoiselle Zheng, n'est-ce pas ? Vous devez follement vous amuser, dans cet endroit rempli d'art. Il pivote doucement sur ses talons (l'avantage des baskets), sourit ironiquement, tend la main en un tintement de métal. Il la connaît comme il connaît tous ceux avec un minimum d'importance à Vegas, mais qui ne sont (pas encore) ses amis : pas comme de vrais gens. Alors il sait qu'elle est plus connue pour des achats d'œuvres classiques que de créations surcotées de leur époque -ces pauvres toiles qui, elles, ne survivront pas aux siècles. Il voit l'attrait des vieilles choses, mais Andreas préfère les arts vivants. Andreas Golding.
Il en est probablement à son cinquième verre de champagne, mais il le finit tout de même d'un coup.


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LVL
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Ada Zheng

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Lun 22 Avr - 17:54

A+A
     
Un énième carré rouge sur fond blanc. Celui-ci s’intitulait sobrement Malaise vertical de l’abîme. Ada connaissait bien ce sentiment. C’était celui qu’elle ressentait à l’instant même alors qu’elle se tenait debout devant cet amas de peinture croûtée, une coupe de champagne vide à la main. C’était toujours la même histoire, encore et encore. Il y avait de cela deux semaines, alors qu’elle recevait son carton d’invitation, on lui promit une découverte sensationnelle, un renouveau des sens, une révolution copernicienne de l’art contemporain. Elle s’attendait à rencontrer le frère caché de Jean-Michel Basquiat, mais voilà qu’on lui offrait son sosie de seconde zone ; un de ceux qu’on invite aux mariages et aux barmitsvas pour amuser grand-mère. Disons, une sorte de Jean-Pierre Basta. Adieux monts et merveilles, splendeurs des siècles passés et à venir. Et bonjour tristesse. Une fois de plus, elle était condamnée à errer sans but dans l’arrière-cours de l’humanité. Bien sûr, en façade, le beau monde était conquis. Chaque convive rivalisait de compliments pompeux. Quand l’un admirait l’influence du constructivisme russe, l’autre s’extasiait devant la réinterprétation viscérale des codes cubistes. Naturellement, c’était à celui qui élaborerait l’analyse la plus capillotractée et inintelligible que reviendraient tous les honneurs. En somme, ce vernissage n’était dont rien de plus qu’un ixième bain de médiocrité. Désirant urgemment noyer son ennui dans autre chose que de l’eau clair, Ada harponna au passage un serveur, reposa sa flute de champagne sur son plateau en argent et s’empara immédiatement d’une seconde coupe pleine. D’un œil inquiet, elle compta rapidement le nombre de verres restants, se demandant s’il y aurait assez d’alcool dans cette fichue galerie pour tenir le siège toute une soirée. Après réflexion, elle estima que la réponse était clairement : non. Et tous les vignobles du monde n’y changeraient rien. Elle papillonna de connaissances en connaissances, échangeant à la volée quelques banalités de circonstances avant de prendre congé pour « profiter de cette magnifique exposition ». Elle était comme les autres, après tout. Les yeux rivés sur une toile immaculée, elle se demandait : était-il vraiment pertinent d’investir dans un artiste aussi peu connu au vu de la conjecture actuelle ? Mais bientôt, ses spéculations furent troublées par une voix masculine inattendue. Tournant la tête vers son interlocuteur, Ada reconnut sur le champ le propriétaire du Stardust. Mécaniquement, elle accepta de serrer la main ornée de bagues qui s’offrait à elle.

Mr Golding. Bien évidement. Je suis…

Retenant la fin de sa phrase, Ada scruta ouvertement le jeune homme de la tête au pied, sans même prendre la peine de cacher son sourire. À quoi bon nier, elle avait toujours eu un faible pour les éphèbes, tendance esthète.

Charmée, finit-elle par conclure.

Il fallait dire que l’ostentation lui allait à ravir. Elle-même était particulièrement avide de haute couture avant-gardiste. Pour ce vernissage, elle portait une longue jupe en cuir moutarde, zippée sur le devant, des cuissardes blanches et une petite veste en fourrure légère, par-dessus un col roulé noir, où une ouverture en forme de triangle laissait deviner la naissance de sa poitrine. À eux deux, ils incarnaient la pointe de la mode. Et c’était peut-être en cela qu’ils s’étaient reconnus.

« Follement », c’est le mot. Vous n’avez même pas idée.

Baissant la voix, elle poursuivit sur le ton de la confidence :

À la vue d’un cinquième monochrome, j’ai bien cru que j’allais devoir me faire interner. C’est à se demander si cet artiste a déjà tenu un pinceau dans sa vie.

Elle ponctua sa réponse cinglante par une petite gorgée de champagne, l’air de rien.

Mais vous, Mr Golding, continua-t-elle, vous n’êtes pas venu pour l’art, me trompe-je ? Le spectacle vous plait-il ? Après tout, il y a de quoi se divertir : critiques d’art sur le retour, nouveaux riches à la recherche de niches fiscales, jeunes premiers venus pour se montrer, dandys dégingandés, artistes ratés dévorés par la jalousie, veuves noires à l’affût du prochain pactole, intellectuels du dimanche et des jours fériés, pique-assiettes sans avenir. Quel beau monde, vraiment.

Oui, tout était réuni pour que la représentation soit mémorable. Ne manquait au tableau que l’élément perturbateur.


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LVL
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Andreas Golding

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Mar 23 Avr - 9:12

p a s s i v i t y
     
Il sert doucement ses doigts, avant de transformer l'échange en un baise-main -de ces vieilles choses parfois jugées trop réductrices mais oh Andreas le faisait avec toute la grâce du monde, et toute l'admiration dont il pouvait faire preuve. Elle était belle : ses yeux paraissaient presque de feu, sous ses projecteurs artificiels, et les creux de ses joues rappelaient un air impérial d'un autre temps. Sa finesse était trompeuse : il ne devait pas y avoir plus grand erreur que de croire qu'on pouvait la briser en un claquement de doigt.
Sa réaction fit sourire Andreas -de son fameux sourire solaire, comme toujours, éclat au milieu du chocolat de sa mélanine, comme un bois précieux qu'elle ne saurait qu'apprécier. Il était aussi soleil qu'elle était lune, remarqua-t-il. Peut-être n'auraient-ils pas dû se rencontrer, mais en attendant ils brillaient de milles feux, pour sûr.
Il lâcha la peau laiteuse du bout des phalanges, doucement, pour donner son attention à un autre type de blanc : celui moins lilial de la peinture monotone, prévisible, qui laissait impassible. Andreas était un homme d'émotions. A ce moment-là, il était dans un terrible manque.
Ah, effectivement. Il hausse des épaules, comme si ce n'était pas vraiment de sa faute. Je ne m'y connais pas vraiment. Ceci dit, j'aime admirer, et même parfois acheter. Il lance un coup d'oeil à la jeune femme, comme une confession. Pas aujourd'hui, vous l'aurez compris. Il remue son verre vide, par réflexe, prend son temps pour répondre -Andreas impose toujours son rythme. J'aurais préféré le spectacle du Stardust. La magie a plus d'attrait que ces égouts sans fond de fausses consciences et de mauvais jugements. Il plonge sa main dans la poche intérieure de sa veste pour en sortir une petite flasque métallique qu'il ouvre d'un tour de main. Il s'en verse une rasade dans la flûte, et le liquide ambré joue aux intrus -mais quel réconfort, dans sa couleur. Et nous faisons partie de ce bas-monde de menteurs, indéniablement. Je vous sers ? Il y a quelques regards qui traînent sur eux. Andreas ne peut les imaginer que plein de jalousie. Et pourtant, il ne s'est rien passé de bien intéressant de toute la soirée, si ce n'est quelques regards trop appuyés sur quelques décolletés. Il soupire encore. Je m'ennuie. N'auriez-vous rien à raconter ? Je ne vous connais qu'à travers des rumeurs. Il est bien grand temps de corriger cela.


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Ada Zheng

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Jeu 25 Avr - 23:07

A+A
     
Plaisamment surprise par l’attention, Ada finit d’une traite son champagne et tendit son verre vide à son compagnon d’infortune. La prévenance, qualité rare, se devait d’être reconnue et chérie, pensa-t-elle. Alors que la flute se remplissait d’une agréable couleur ambrée —synonyme de qualité à n’en point douter — la marchande d’art continuait d’écouter Andreas d’une oreille attentive, acquiesçant de-ci de-là, non sans une certaine morosité. Il fallait bien l’admettre : cette soirée était d’un ennui tel que la Mort elle-même n’aurait pas voulu y assister, de peur de devoir subir son propre châtiment. Profitant d’un court instant de silence, Ada commença par humer les premières notes boisées de l’alcool, avant d’humecter légèrement ses lèvres. Convaincue par sa dégustation, elle daigna enfin reprendre la conversation.

Vous préférez les illusions bien faites à la trivialité de la réalité. Et je vous rejoins sur ce point. Mais il faudra un peu plus que du cognac Hennessy de cinq ans d’âge pour me faire parler, Mr Golding, lança-t-elle sur un ton badin.

Ne laissant pas une seule seconde de répit à son nouvel ami de la soirée, Ada s’empara délicatement du bras du jeune homme pour mieux le guider, faisant preuve d’une étonnante forme de coercition, résolue et douce à la fois.

Parlons plutôt des autres, c’est ma spécialité.

Ainsi, ils débutèrent leur déambulation dans la galerie, bras dessus bras dessous, devant les regards mi-suspicieux, mi-jaloux des invités. Prétextant admirer l’une des — affreuses — toiles de l’artiste, le duo s’arrêta finalement quelques instants. Penchée à l'oreille de l'homme d'affaire le plus en vogue de la soirée — dans une intimité qui ne manqua pas d’attirer encore plus l’attention —, Ada entama ses messes-basses. Et Dieu sait qu’elle en avait des choses à raconter.

Vous voyez à notre gauche, l’homme à la tête de bulldog anglais dans son complet gris ? C’est Walter Peterson, grosse pointure du barreau qui débarque de New-York. Il est marié à Eleanor Wyndham. Mais vous la connaissez peut-être, c’est l’héritière du fameux groupe hôtelier. Elle n’a pas changé de nom pour des raisons évidentes. Et la femme à côté, la jolie blonde, vous la voyez ? C’est la nouvelle secrétaire de Peterson. Sa maîtresse, bien entendu. Mais l’homme est tellement habile qu’elle ne sait même pas qu’il est marié. Autrement dit : il trompe sa femme avec sa secrétaire et sa secrétaire avec sa femme. C’est là qu’on reconnaît les véritables professionnels. Vous imaginez l’incident diplomatique si quelqu’un venait à s’immiscer dans la conversation pour lui demander des nouvelles de son épouse ?

Ada étouffa un petit rire avec une gorgée de cognac. Elle, elle l’imaginait déjà très bien.



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LVL
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Andreas Golding

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Sam 27 Avr - 16:39

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Andreas s'exécute et lui verse une bonne rasade depuis son petit réservoir naturel de remède anti-ennui. Il range précieusement la flaque, directement au-dessus de son cœur -la veste dévoile un peu plus de poitrine avant de chastement reprendre sa place, innocente. Il essaie d'à nouveau s'intéresser aux tableaux mais décidément, il en avait sa claque des carrés de couleur soi-disant philosophiques. Il en avait déjà bien trop vu dans sa vie. Peut-être qu'il avait développé une allergie, pensa-t-il.
Elle vient en sauveuse, l'accroche par le bras et ah, ça le réconforte dans le refus qu'elle vient de joliment lui offrir. Il attend. Il est persuadé que quelque chose d'autre viendra : il n'a pas longtemps à attendre. En vrai gentleman, Andreas se tient bien droit, les articulations alignées dans une parfaite position -ni trop distante, ni trop proche. La vérité, avait-il appris depuis tout petit, c'était qu'on pouvait faire tout ce qu'on voulait de ce que l'on voyait ; alors il s'attendait déjà à quelques publications de rumeurs le lendemain mais ah, était-ce vraiment si important ? Ce n'était pas réellement nouveau, un Andreas Golding charmeur.
Il arrête de faire semblant de contempler le bout de peinture pour se tourner vers sa compagne de soirée. C'est un sourire qui accueille le regard d'Ada -quelque chose d'un peu dérangeant, peut-être, pas forcément dans le mauvais sens du terme. Charmant. Impatient ? Il lui a attrapé la main à la place. Elle trône, splendide, au milieu de ses dix doigts (et d'un verre de champagne presque vide du non-champagne, un peu instable, coincé entre l'index et le majeur).
Tout d'abord, je me permets de vous corriger : je préfère la magie bienveillante qui cherche à émerveiller, à faire rêver, à oublier toute cette morosité. Il pause un instant. Ou, de manière plus terre-à-terre, des mensonges qui ont le même effet que l'alcool. Le mal de tête en moins. Il le dit en regardant de côté, les sourcils légèrement froncés, comme pour trouver une métaphore qui collerait à cette soirée.
Enfin, pas vraiment -mais vous m'avez comprise. Pour le reste, je suis prêt à parier que vous êtes bien plus intéressante que quelques drames mais disons que ce n'est que partie remise, d'accord ? Il a les yeux qui scintillent. Au départ, il n'aimait pas particulièrement toutes ces histoires. Et puis, au final, il s'est rendu compte que c'était un peu l'équivalent des contes de Grimm pour adultes. Après tout, n'est-ce pas un hasard formidable ? D'avoir en votre présence quelqu'un qui a assisté à ce fameux mariage. Sa mère le lui avait toujours dit : c'est les relations qui forgent l'Homme d'affaire. Il avait été envoyé là-bas comme représentant de seconde zone, ou peut-être pour qu'il se dégote une prétendante parmi les fortunées invitées. A vrai dire, il ne se souvient plus très bien de la fin de soirée.
Andreas libère sa main droite, finit sa coupe en un grand mouvement et se débarrasse du verre expressément sur le plateau d'un serveur qui passait par là. Il savait bien que la boisson était un vice dont il n'avait plus besoin ce soir. Je me demandais pourquoi il n'avait pas pris le nom de son épouse -j'avais conclu en un problème d'ego, mais il semblerait que mon jugement soit faux. Je ne sais ce qui est préférable, ceci dit. Mais assez parlé ! Miss, si vous me permettez ... Il tend à nouveau son bras, attendant qu'elle s'en empare, avant de se diriger vers le fameux Walter. Détaillant la femme à ses côtés, il se demande comment elle fait pour ne pas être au courant -une simple recherche Google pourrait sûrement lui dévoiler la vérité. Enfin ; c'est quand le mensonge est au plus proche qu'on n'en doute plus. Bonsoir à vous, Madame, Maître ! Élégante soirée, n'est-ce pas ? Question rhétorique. Andreas devinait que l'homme s'y connaissait en art autant que lui : pas vraiment. Que nous vaut vôtre présence ici, Maître Peterson ? Si loin de New York, perdu dans la ville du jeu et des vices ? Il affiche un air étonné, Andreas, mais terriblement bienveillant. Après tout, que pourrait-il bien gagner à être faussement gentil -vraiment, on se le demande. Ah, mais comme je suis indélicat ! Andreas Golding. Cela fait -oh, quelques années, non ? depuis la dernière fois que nous nous sommes croisés. C'est-à-dire : le mariage. Et ce que pour quelques secondes. Ne soyez pas embarrassé de dire que vous ne me reconnaissez pas. Je ne vous en tiendrais pas rigueur. Permettez-moi de vous présenter Ada Zheng, galiériste de talent à qui rien ne résiste. Et il laisse de l'espace à Ada pour qu'elle se présente d'elle-même, pour qu'elle ne soit pas étouffée par ses discours qu'il sait être interminables -il se doute, au fond, qu'elle n'en a pas besoin mais loin de lui l'idée de l'empêcher d'exister, comme un trophée au bout du bras. Après tout, elle était à l'origine de cette situation. Il fallait lui rendre honneur.
Et maintenant que les présentations étaient amorcées, il attendait celle de l'autre femme -peut-être piquée par la prestance de celle du rival. Ou du moins, Andreas l'espérait.


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LVL
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Ada Zheng

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Lun 29 Avr - 20:20

A+A
     
À en croire la théorie des plans multiples, il existait une chance — infime — pour que notre réalité ne soit rien de plus qu’un théâtre de marionnettes, fabriqué dans l’unique but de divertir quelques rejetons cosmiques. Peut-être que quelque part, quelque chose comme des gens les observaient se débattre avec délectation et peut-être même que dans une sorte de langue, il demandait au marionnettiste : « encore ! ». Et peut-être que l’artiste faisait bouger une chose semblable à des mains et qu’avec son mouvement, toutes les plaques tectoniques du monde se mettaient à frémir en même temps. Ou peut-être encore que par l’adroit mouvement de ses extrémités singulières des révolutions se mettaient en marche et que d’autres s’éteignaient. Au bout de ses similis fils, il y avait des tsunamis, des éruptions volcaniques, des tempêtes, des lettres d’amour, des promesses rompues et tout un tas d’autres choses sans grande importance. L’idée, bien qu’hautement improbable, demeurait réconfortante. Nous n’avions jamais été et nous ne serions jamais maîtres de notre destin. Alors quand dans une petite galerie d’art, nichée dans une petite ville, au milieu d’un petit désert, lui-même petit recoin d’un monde perdu dans l’univers, une nouvelle scène se joua, rien ne fut jamais moins important.

Ada tendit la main avec la grâce la plus affectée qui soit et l’avocat la reçut avec un grand sérieux, une solennité chagrine. Ils n’étaient définitivement pas de la même étoffe. Les jours de pluie, elle s’en irait noyer son chagrin dans la légèreté, quand lui resterait pétrifié sur place, cloué au sol par une gravité plus mentale que physique.

Mais nous nous connaissons déjà, n’est-ce pas, maitre Peterson ? Nous avons un ami en commun, Tad Smith, le directeur de la maison Tootheby’s ! La dernière fois où nous nous sommes vus, c’était justement à l’occasion de l’une de ses soirées. Vous vous souvenez vous étiez en compagnie de votre…

Elle laissa planer le mystère quelques secondes, faisant mine de chercher ses mots. L’homme se raidit intensément. Dans ses micro-expressions, on distinguait très clairement un état d’agitation extrême. Ada imaginait que tous ses muscles venaient de se contracter en même temps. Il somatisait. C’était bien ce genre d’homme.

Associé. Oui, votre associé, Eugene Walpold, si je me souviens bien.

L’homme laissa malgré lui échapper un petit soupir de soulagement. Mais sous l’œil interrogateur de sa secrétaire, il reprit immédiatement contenance et répondit avec toutes les politesses d’usage. La conversation s’étira ensuite, épurée de passion et d’intérêt, d’un lieu commun à un autre. Alors que l’ennui pesait, Ada interrompit la discussion sans ambages.

Si vous voulez bien m’excuser, ce fut un plaisir. Malheureusement, j’ai encore tellement de personnes à saluer. Mr Golding, vous voulez bien m’accompagner ?

Elle posa sa main sur le bras de l’intéressé et lui adressa un sourire aimable. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à quitter tous les deux le petit groupe, Ada passa aux côtés de l’avocat et effleura son épaule pour attirer son attention une dernière fois.

Au fait, ajouta-t-elle su le ton de l’embarras, pardonnez mes manières. Je ne vous ai pas demandé : comment va votre femme, Eleanor ?

Instantanément, une coupe de champagne vola à la figure de l’avocat. S'ensuivit un silence de mort des plus glaçants. En réponse, la marchande d'art trop curieuse se tut et esquissa une grimace de contrition, feignant l’innocence pour les quelques spectateurs assez proches. Alors que le monde était désormais occupé à regarder la femme bafouée quitter les lieux en faisant claquer ses talons, Ada se tourna vers Andreas et lui murmura doucement à l’oreille :

Allons-nous en. La fête est terminée ici. Mais elle ne l’est sans doute pas ailleurs.




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Andreas Golding

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Sam 4 Mai - 12:35

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Son visage était la pure représentation du "ça alors !", de ceux qui croient au destin -à moins que ce ne soit qu'une autre version du hasard- et qui l'admirait de mettre en un même lieu, au même moment, trois êtres qui se connaissaient sans vraiment avoir rien à se dire.
En vérité, Andreas n'était pas trop surpris. Mademoiselle Zheng avait l'air de connaître beaucoup de monde -enfin, surtout ceux qui importent. Un couple d'héritiers d'une des puissances immobilières du monde semblaient tout à fait rentrer dans ses cordes.
Il se retient d'esquisser des sourires trop parlant. C'est dans sa tête qu'il rit -dehors, il est concentré sur ce qu'elle dit, n'attend pas la bombe qu'il, pourtant, sait irrémédiablement proche. Les revirements qu'elle exécute son merveilleux ; on dirait une pilote qui fait de jolis looping : de loin, c'est magnifique, mais ça l'est beaucoup moins quand on se retrouve côté passager. Ils peuvent se crasher n'importe quand.
Andreas acquiesce quand elle dit vouloir partir, ajoute quelques formules de politesse (mentionne sa mère, pour l'occasion), s'apprête à suivre le mouvement de sa compère mais, évidemment, il se doutait que ça ne serait pas si rapidement terminé.
Le clou du spectacle vînt avec une bonne rasade de champagne dans la figure.
Andreas se sentait mal d'avoir indirectement gaspillé cet or liquide mais ah. Ça valait le divertissement, même s'il n'était pas des plus fous. C'était toujours mieux que de pauvres toiles muettes. Ah, il aurait espéré, silencieusement, que l'alcool atterrisse sur l'une des œuvres. Ça, s'aurait été drôle.
La pitié l'emporte quand Andreas donne gracieusement un mouchoir de poche à Peterson, techniquement pour s'essuyer mais en réalité, un peu plus comme un cadeau souvenir. Au moins il y aura quelqu'un qui se souviendra de cette soirée.
Centrant son attention à nouveau sur Ada, il fit mine de penser. Ah, comme c'est dommage, je vous aurais bien accompagnée au Stardust -vous savez, là où on trouve les meilleures fêtes de Vegas-, mais il semblerait que vous êtes fidèle à une autre écurie. Il sourit. Ça ne lui ferait probablement rien, mais il lui laissait son avis. Il pourrait bien en reparler plus tard -Andreas est patient pour ce genre de choses. Diamond Bay est certainement un endroit plutôt calme à cette heure-ci. Je vous propose Fremont Street -pour le reste, j'y penserai avec un bout de pizza dans l'estomac, si cela vous convient. Andreas a des habitudes alimentaires plutôt chaotiques. Il commande un Uber du bout des doigts en attendant sa confirmation. Après tout, partir de suite attirerait peut-être un peu l'attention. C'était finement mené, par ailleurs. Plein de rebondissements. Presque comme un film ! La chute, splendide. Morale de l'histoire : ne soyez pas un idiot. Il range son portable dans l'intérieur de sa veste. Pour la suite de la soirée, il n'avait pas trop d'inquiétude. Après tout, il connaît Vegas comme si elle coulait dans ses veines.

Spoiler:
 


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Ada Zheng

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Dim 26 Mai - 18:03

A+A= ?
     
Ada, toujours au bras d’Andreas, fendait avec élégance la foule des convives faussement outrés. Pour être tout-à-fait honnête, ils donnaient tous plutôt l’impression de se délecter de la scène, comme des vautours se repaissent de la carcasse d’une charogne. Cela lui revenait désormais : les Allemands avait un très joli mot pour désigner cet état d’esprit ; ils disaient « Schadenfreude ». Mais qui aurait pu réellement leur en vouloir ? Avec un sujet de discussion pareil, ils pouvaient désormais tenir une soirée entière. Même peut-être deux ! Quelle aubaine. Et c’est dans ce soulagement collectif — cette timide liesse générale, pour être plus précis—qu’Andreas et Ada avaient décidé de quitter les lieux. Alors qu’ils laissaient le soin à Peterson d’amuser — littéralement — la galerie, la marchande d’art ignora soigneusement la première remarque de son comparse. Sur l’instant, elle sentit dans sa voix comme une légère pointe de reproche, bien vite masquée par une proposition festive. Andreas avait décidément un certain chic pour enrober toutes ses remarques d’une épaisse couche de sucre.

Tenteriez-vous de m’acheter, Mr Golding ? Avec des lumières artificielles et de la pizza ? Essayez encore. À cette heure-ci Fremont Street est impraticable. Remplie de touristes et de chanteurs de rue qui rêvent de se faire remarquer. Je ne suis pas vraiment d’humeur à côtoyer cette foule. Faisons autre chose, vous voulez bien ?

Dans le même temps, de sa main libre, Ada pianotait avec virtuosité sur son téléphone portable, attentive à tout son entourage et en particulier à son interlocuteur. Dans un sursaut imprévu, avant même d’avoir laissé du temps à Andreas pour lui répondre, elle finit par ajouter :

Peu importe maintenant ! Le taxi est commandé, il arrive dans six minutes très exactement. Vous choisissez la destination. Surprenez-moi. Je suis sûre que le grand manitou de Las Vegas connaît tous les recoins de sa ville. Même les plus sombres.

En guise de bonne foi, elle lui montra l’écran de son téléphone avec un grand sourire. Sur l’application Upper, on pouvait voir en temps réel la position du véhicule ainsi que la photo du conducteur : Knox, 33 ans, une expression simple qui laissait deviner une certaine bonhomie de caractère.

Dépêchons-nous de quitter ces lieux par la grande porte. Mais avant cela, il vous reste bien un peu de potion magique, non ? demanda-t-elle avec innocence en agitant délicatement sa flûte à champagne vide.




Petit message d'amour:
 


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