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 Pizza Therapy

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LVL
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Ada Zheng

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Sam 23 Mar - 16:44

#PIZZA THERAPY
     
Une flèche orange file à toute allure sur l’avenue Twain, avant de tourner brusquement sur le boulevard Valley View, manquant au passage de faucher deux vieilles dames et leurs chihuahuas. À la radio, Johnny Rotten vocifère dans l’énergie du désespoir qu’il n’y a de futur pour personne. Avec la même délicatesse, le roadster de luxe finit sa course en pilant devant la seule place de parking restante et un créneau presque parfait termine d’emboutir un panneau « Place réservée ». Dans son rétroviseur, la conductrice lit « eévresér ecalP ». Ça n’a définitivement pas de sens. Elle hausse finalement les épaules, éteint le contact — coupe par la même occasion la chique à Johnny — et sort nonchalamment de son véhicule. Animée de la même énergie morose, Ada active le verrouillage centralisé et ajuste ses lunettes de soleil Dulce & Cabana. Alors que les portières papillon de sa Vesla se referment comme par magie, elle jette un coup d’œil soupçonneux à la façade en briques rouges où l’on peut apercevoir en toute lettre : « Maggiano’s Pizza ». Mais c’est bel et bien la seconde enseigne, à l’étroit entre le restaurant familiale et un immeuble d’habitation, qui attire toute son attention. Sur celle-ci, on lit distinctement : « Funérarium Di Marzi Père & Fils ». Pour la première fois depuis le début de leur périple en voiture, elle se tourne vers son passager, l’air visiblement agacé, malgré ses imposantes lunettes noires masquant la moitié de son visage.

Si ce vieux crouton mozzarella pense qu’un décès va lui épargner le remboursement de ses dettes. Il se met le doigt dans son œil mort. Et bien profond. D’après mes informations, la veillée funéraire a lieu ici et, comme un malheur n’arrive jamais seul, ce vieux spaghetto se fait enterrer avec la chevalière. Je te le dis, le plan est simple, on rentre et on ressort avec. Capisce ?

Depuis le temps qu’elle rumine cette désastreuse transaction, il est enfin temps d’obtenir réparation. Alors que les deux associés traversent la rue, elle contient un petit sourire de satisfaction. À l’accueil, un employé à l’air grave et outrément affecté, flottant dans un complet noir trop grand, les accompagne jusqu’à l’étage avec toutes les formules d’usage. Comme prévu, l’ambiance est pathétiquement théâtrale. La Commedia dell’Arte peut aller rhabiller tous ses Arlequins et toutes ses Colombines. Dans une large pièce aux lumières tamisées, hommes et femmes, de tous les âges, se succèdent pour rendre un dernier hommage au défunt. Au premier rang, cinq petites vieilles, voilées de noir, observent chaque visiteur venu se recueillir, avec la même opiniâtreté que le dragon veillant sur son précieux magot. En entrant dans la pièce, Ada, parfaitement à l’aise dans son rôle d’éplorée, esquisse un signe de croix pour faire bonne impression. Le regard inquisiteur d’un vieillard lui indique qu’elle s’est trompée de sens. Sans le quitter des yeux, elle recommence — Père, Fils, Saint Esprit cette fois-ci— et conclut cet échange muet par un grand sourire figé. La mésaventure passée, elle se penche à l’oreille de son comparse et lui chuchote en toute discrétion :

Bon, on est d’accord. Tu t’occupes des pleureuses de devant et je m’occupe des civilités de circonstances.

Sans attendre la réponse, elle se fraie un chemin parmi les convives et aperçoit enfin l’objet de ses convoitises, bien en évidence à l’annulaire gauche du mort. Une bague ecclésiastique en or datant du XIIIe siècle, pure merveille de joaillerie ; quel gâchis de vouloir l’ensevelir avec cette vieille carcasse sans honneur. Une chose est sûre, il ne l’emporterait pas au paradis. Ni même en enfer, d’ailleurs. Mais alors qu’ils approchent dangereusement du but, ils ignorent encore que dans un coin de la pièce, tout près des cierges, quelqu’un qui ne plaisante jamais a remarqué leur entrée.


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Nero Wang

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Sam 23 Mar - 23:27

#PASTA TREATMENT
     
Le nez presque collé à son smartphone, Nero ne prête pas attention au décor qui file à toute allure derrière les vitres de l’arme de destruction massive qu’est réellement le véhicule d’Ada. Il pousse un grognement d’irritation quand il rate une fois de plus sa partie de Honey Crush. Les niveaux des fruits sont particulièrement difficiles et le 398 le nargue depuis maintenant quelques jours, avec ses fraises et ses cerises qui semblent prendre un malin plaisir à exploser au mauvais moment. Un virage particulièrement vicieux le pousse définitivement à arrêter ses efforts et à se concentrer sur leur destination qui se profile, en faisant mine de ne pas avoir vu les deux homicides qui auraient pu avoir lieu à quelques secondes près. La conduite d’Ada est une expérience sensorielle à part entière. Aveuglés par un tourbillon de couleurs, agressés par des concerts de klaxons et secoués par des dérapages (qu’elle affirme par ailleurs parfaitement contrôlés). Le KLONG retentissant du panneau qui touche le sol pouacre n’est que l’issue logique du trajet mais il ne s’y attarde pas, occupé à scruter les environs. Il ne tarde pas à poser les yeux sur le même écriteau qui a attiré l’attention de sa partenaire, à côté de la pizzeria qui clame proposer une carte entièrement bio.

« On rentre et… ? J’ai raté une étape, tu ne veux pas réexpliquer ? » rétorque-t-il, un rien blasé mais elle s’est déjà engouffrée dans le bâtiment, son expression accablée bien en place. Moins enclin à se lancer dans un contorsionnisme du sourcil qui lui donnerait vaguement l’air abattu, Nero préfère la dignité de celui qui souffre en silence sans l’afficher au reste du monde. La douleur muette et discrète qui constitue la racine de la masculinité, s’il en croit les visages sombres qui les entourent.

Le regard de faucon des matriarches lui donne quelques sueurs froides mais il imite le reste de la foule sans trop d’encombres, jusqu’à ce qu’Ada décide de le poignarder dans le dos. Outré, il la voit l’abandonner parmi les convives pour poursuivre sa route jusqu’au défunt (qui, pour être tout à fait honnête, a meilleure mine que jamais, il faut rendre hommage au thanatopracteur). Sa présence lui semble encore plus insolite lorsqu’il se retrouve seul, alien dans cette masse de femmes larmoyantes, d’adolescents mal à l’aise et de vieillards revêches. Il n’a pas le choix, pourtant, il n’est qu’à quelques pas du premier rang et les têtes voilées de noir semblent déjà se tourner vers lui. Résigné à son triste sort et la viscosité de la situation, il finit par saluer la Signora Di Giacomo et lui présenter quelques mots de condoléances à voix basse et rauque, résultat d’une toux destinée à affecter des mots entrecoupés par l’émotion.

« Il m’était très cher. Très très cher. » finit-il de murmurer d’un air grave, sous les hochements de tête et les pleurs redoublés. Du coin de l’œil, il observe la chevelure noire d’Ada près du cercueil, sans qu’elle n’ose encore s’approcher trop près. « Une terrible perte pour nous tous, un homme de sa valeur. » L’une des femmes fait mine de se tourner à nouveau vers le cercueil mais il continue sur sa lancée, s’attire à nouveau les regards et l’attention du petit groupe. « Les souvenirs qu’il laisse sont indélébiles, précieux. »

Son associée semble de plus en plus proche de l’objet de ses convoitises et il garde un train de conversation plaisamment déprimant, en alimentant régulièrement les causes de sanglots  qui attirent une troupe grandissante, désireuse de consoler les veuves, sœurs et filles éplorées. Son infatuation est pourtant de courte durée. Une voix masculine, pétrifiante de calme, coupe court à ses distractions.

«  J’étais très ami avec Silvio. Il ne vous a jamais mentionnés. Ni votre amie.* »

Trapu, menaçant dans son costume noir, un cinquantenaire au visage dur s’est insinué dans le groupe sans que Nero ne le remarque. Il n’ose pas tourner la tête mais il est certain que l’individu a le regard fixé sur Ada. Il espère seulement qu’elle n’a pas été prise la main sur la bague.

* En italien



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Ada Zheng

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Dim 24 Mar - 19:12

#LASAGNA DISSENSION
     
Un visage paisible se penche sur la dernière demeure du défunt. Le petit homme trapu, toujours à bout de souffle, les joues rouges comme des groseilles mûres, qu’elle a jadis connu, arbore désormais un air étonnement glorieux. Elle pense : la mort te va si bien, Sivlio. Bien mieux que la vie. Finissant de s’extasier devant le travail d’orfèvre du thanatopracteur, Ada fait glisser ses mains le long du cercueil en ébène. Pourquoi s’être obstiné, Silvio ? Un catholique aussi fervent que lui devait pourtant savoir que les biens matériels ne lui seraient d’aucune utilité dans l’au-delà. Comme le dit le Bon Livre, «il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Finalement, en bonne âme, elle le débarrasse d'un fardeau. Sur le point de commettre son méfait, Ada lance un furtif coup d’œil en arrière pour s’assurer que le plan se déroule sans accroc. Rassurée de voir son associé plus qu’à l’aise dans son rôle de composition, elle s’empare de la bague pour la faire glisser délicatement. Elle tente une première. Puis, une seconde et s’arrête. Elle comprend alors qu’il lui faudra bien plus qu’une motte de margarine pour séparer la dépouille de sa possession. Elle observe, impuissante, son plan s’écrouler comme un château de cartes. En cet instant, elle a l’impression désagréable que toutes les lois de la biologie comme celles de l’astrophysique se sont réunies pour lui chanter, toutes en chœur, dans une harmonie cosmique sublime, d’aller « gentiment » voir ailleurs. Dépitée, elle essuie sa main sur le revêtement en satin blanc du cercueil comme pour éviter la contamination. Des fois que la mort soit contagieuse. Au même moment, une voix profonde s’élève et vient couper courts à ses nouvelles élucubrations. Retirant ses lunettes de soleil, Ada fait volte-face telle une héroïne tragique, acculée au suicide.

Ma che tristezza ! Che dramma ! Non posso crederci !

Tous les yeux sont désormais fixés sur elle. Alors qu’à sa gauche, une vielle dame demande ostensiblement à ses voisines quand est-ce que ces sales bêtes de chinois ont eu le temps d’apprendre l’italien, Ada, crispée par la remarque, continue malgré tout avec un accent impeccable :

Je ne suis pas étonnée de cela. Comme nous le savons tous, Silvio était un homme de secrets. Et le voilà qui les emporte dans sa tombe. Au moins, il part rejoindre sa Grandmama, elle lui était si chère.

L’homme au visage sévère lève un sourcil étonné, mais alors qu’il s’apprête à lui répondre, une nouvelle voix s’élève dans l’assemblée. L’individu, rachitique et courbé, en se levant manque de tomber à la renverse.

Ah ! Grandmama ! Parlons-en ! Il n’en a jamais voulu qu’à son argent !

Au premier rang, la veuve se met à sangloter furieusement. Sa voisine soulève son voile et s’exclame, indignée :

Tonio, je t’interdis de faire un scandale maintenant ! Tu es indécent.

Le bien nommé s’empresse alors de répliquer, sur le même ton de reproche :

Tu sais ce qui est indécent ? Vendre le ristorante de Grandmama, trois mois à peine après sa mort ! Sans consulter personne ! Voilà ce qui est indécent !

C’était il y a plus de trente ans, Tonio, enfin ! Est-ce que je dois te rappeler le jour où tu as failli tuer Silvio sur son yacht, il y a cinq ans ?

C’était un accident, je l’ai toujours dit.

Une troisième voix se joint à la conversation ; un autre homme, cette fois-ci, âgé d’une quarantaine d’année, cheveux gominés et costume trois pièces de luxe.

Oncle Tonio, avoue-le, tu as toujours détesté mon père. Et personne n’a jamais cru à la théorie de l’accident !

Si moi, réplique un homme à bec-de-lièvre, debout à l’autre bout de la pièce.

Pas étonnant, de votre côté de la famille, vous n’êtes qu’une belle brochette d’idiots, lui assène une femme à sa droite.

La rumeur enfle de seconde en seconde et déjà, deux clans se dessinent très distinctement. Dans un brouhaha assourdissant, l’inconnu bourru attrape Ada par le bras et lui murmure dans un anglais aux accents de menace :

Je ne sais pas ce que vous êtes venus faire ici, mais je vais bien finir par le découvrir…

Il relâche son emprise avant de se tourner vers Nero et d’échanger quelques mots avec celui-ci. Dans le vacarme ambiant, elle ne parvient pas à les entendre. Profitant de ce moment d’inattention, Ada entame une partie de cache-cache improvisée en se fondant discrètement dans la masse des convives. Une fois à l’abris des regards indiscrets, la fauteuse de troubles se met à pianoter rapidement sur son GSM. Il lui faut alors cinq mots pour exprimer le fond de sa pensée.


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Nero Wang

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Lun 25 Mar - 18:55

#TORTELLINI WAR
     
Guère impressionné par les tribulations de son associée, Nero lève discrètement les yeux aux ciels quand elle entame son explication et met le doigt, comme toujours, sur un point sensible (l’argent, HA). Bien que relativement rouillé, son italien est suffisant pour suivre le fil de la conversation et comprendre qu’elle a raisonnablement dérivé. Les cris et les accusations grandissantes attirent une foule agglutinée autour du cercueil qui, visiblement, est loin d’intéresser l’homme qui les a pris à parti. Son pas assuré se dirige vers Nero, incapable de faire volte-face pour éviter une conversation. Les convives qui l’entouraient se sont comme évaporés dès que le regard perçant est fixé sur lui.

Inspiration, expiration, exhortation au calme. Nero affiche un sourire contrit : « Navré, je n’ai pas saisi ce que vous m’avez dit tout à l’heure, je ne parle malheureusement qu’anglais.

Vous ne facilitez pas votre situation. » lui rétorque son interlocuteur. De près, de larges cercles se dessinent sous ses yeux froids et les rides concentrées sur son front soufflent qu’il est plus habitué à froncer les sourcils qu’autre chose. Il a cette aura de danger et d’autorité qui l’avait fasciné, quand Nero se considérait encore jeune ; une supériorité écrasante, aboutissement d’une vie à grimper les échelons pour arriver au bout de la chaîne alimentaire. Il a eu l’occasion d’en croiser quelques-uns, dans ses voyages et ses conflits, et celui-ci est loin d’être en tête du classement.

« Je ne saisis pas. Peut-être le choc de la perte de Silvio, comprenez que j’en suis très affecté.

Vous les trompez peut-être mais j’ai connu suffisamment de vautours pour les reconnaître. Dépêchez-vous de faire votre deuil et de laisser la famille poursuivre la cérémonie. »

Trop digne pour se laisser aller à une bousculade, le désagréable individu laisse ses mots faire office de gifle et s’éloigne sans un regard en arrière, laissant Nero passablement agacé. Ses yeux habitués à détecter la longue silhouette d’Ada la suivent parmi la foule et sa façon de se fondre dans la masse est assez révélatrice. D’habitude, elle se fait aussi voyante que possible. Si elle cherche à éviter l’attention, c’est bien parce qu’elle a été incapable de mener à bien sa tâche. Dire qu’il a dû déployer des trésors d’astuce et de patience pour entretenir une conversation pénible, alors qu’elle devait simplement retirer la bague.

L’air renfrogné, il prête une oreille distraite à la famille qui se dispute toujours (« Et ses bijoux ! Et ses manteaux ! Et son tapis en poils de putois ! » « Ne fais pas l’enfant, Doriano, Grandmama t’a aussi légué ta part. » « Oui, ses dettes ! »). La foule agglutinée autour du cercueil ne présage rien de bon et il voit avec désespoir la masse des invités s’amoindrir, en prévision d’une oraison funèbre qui les bloquera un long moment avant qu’ils n’aient une nouvelle chance de s’emparer de leur bien. Sa réflexion est interrompue par la vibration de son téléphone, qu’il repêche discrètement dans sa poche. Il passe outre une première notification (qui sont ces gens ??) et arrive au message le plus récent émanant d’Ada, qui finit d’éteindre son espoir de rapidement fausser compagnie à ce rassemblement hostile. Ses doigts pianotent sur le clavier de son appareil et il n’attend pas de voir si son propre message a été envoyé pour tenter une nouvelle percée au première rang. Il préférerait se retrouver en heure de pointe au Barstruck plutôt que d’être là (c’est dire !) mais il n’a pas réellement le choix. S’il veut que les choses soient bien faites, il va falloir qu’il s’en occupe lui-même.

La dispute semble s’apaiser pour revenir à un semblant de chagrin. Il a besoin de l’inverse : une bagarre en bonne et due forme, pour retarder la cérémonie et même, s’ils ont de la chance, bousculer un peu Sivlio (paix à son âme).

« … non, tu as raison oncle Tonio, je me suis emporté. Il faut rendre hommage à papa.

Ah, vous êtes enfin revenus à la raison ! Parler d’argent dans un tel moment, quel manque de dignité. »

La veuve en remet allègrement une couche, que son fils et son beau-frère tentent au mieux d’ignorer. Cette soudaine sensibilité n’est pas au goût de Nero, qui fait mine de ne pas comprendre les paroles échangées en italien pour se rapprocher du groupe. La nervosité qui se lit sur son visage pâle est travaillée, un masque subtil. Il a l’air courageux de ceux qui tentent de cacher leur peur ; assez transparent pour feindre l’inoffensivité, assez opaque pour suggérer une forme de fierté.

« Monsieur Di Giacomo ? » chuchote-t-il au frère du défunt, assez bas pour prétexter la discrétion mais assez haut pour qu’on tende l’oreille. « Je voulais m’entretenir avec vous. Il s’agit du testament. » La bombe est lancée. Il espère seulement qu’elle prendra.


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Kósmos

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Lun 25 Mar - 22:46

We're up all night to get lucky

Le vieil homme à l’air revêche esquisse un mouvement de recul avant de s’exclamer, l’air incrédule : « Le testament ? Quel testament ?  ». Les conversations s’arrêtent instantanément et un mouvement de stupeur s’empare de l’assemblée. Dans la foule une voix anonyme s’élève alors : «  Oui, c’est bien vrai, ça ! Quel testament ? Je croyais qu’il n’y avait pas de testament officiel !  ». Tonio, qui semble avoir miraculeusement perdu vingt ans en l’espace de quelques secondes, fend la foule avec une vigueur retrouvée et attrape son neveu par le col : «  Petit salaud ! Vous nous l’avez bien caché ! ». Surpris et brusqué, l’agressé se débat et perd l’équilibre, renversant au passage un magnifique vase d’orchidées blanches. Abasourdi au milieu des fleurs et des débris de verre, Di Giacomo fils se met à geindre : «  Mama ! Regarde Mama ! Oncle Tonio vient de me défigurer la main !  ». Alors que sur sa paume coule un mince filet de sang, la veuve s’effondre sur son siège, soutenue in-extremis par deux autres femmes. Pour tous, c’est l’ultime signal. La mêlée à l’italienne peut enfin commencer.


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Lun 1 Avr - 20:58

#TIRAMISU STRATEGY
     
Le visage blême, Ada relit plusieurs fois la réponse de son associé. Elle qui aime tant les devinettes, la voilà servie. Si elle avait su plus tôt, elle aurait sans doute suivi l’option « cryptonerographie ». Peu convaincue, mais impatiente de voir la suite des événements, elle range finalement son téléphone et se met à observer attentivement la petite assemblée. Contre toutes attentes, celle-ci semble avoir repris son calme. Puis patatras, il suffit d’un mot bien choisi pour que les convives se retrouvent de nouveau prostrés dans un silence de mort —le plus doué à ce jeu restant sans conteste Silvio lui-même. L’intruse tique. Il ne manque plus grand-chose, elle le sait, une petite réaction en chaîne, une simple étincelle pour mettre le feu aux poudres. La fenêtre de tir est restreinte, mais c’est maintenant ou jamais. Elle n’a plus le temps de peaufiner son prochain coup. Le coup qui pourrait mettre fin définitivement à la partie ou, a contrario, retarder encore l’échéance fatale. Dissimulée derrière un invité qui tient plus de l’armoire à glace que de l’homo sapiens, Ada se pince légèrement le nez et opte pour une voix de crécelle des plus ridicule :

—  Oui, c’est bien vrai, ça ! Quel testament ? Je croyais qu’il n’y avait pas de testament officiel !

Par chance, le subterfuge provoque parfaitement l’effet escompté. Ou presque. Le déchaînement de violence qui s’en suit est, quant à lui, plus inattendu. Un fâcheux dégât collatéral et c’est tout, pense-t-elle. Se frayant un chemin dans la masse informe de pugilistes, Ada parvient finalement à retrouver Nero. Accrochée au bras de ce dernier, elle le guide à l’arrière de la pièce, tout près la porte d’entrée. De là, le spectacle est total. Pendant que des femmes se crêpent le chignon, des hommes se toisent du regard comme des animaux sauvages prêts à prendre le contrôle de la meute, tandis que d’autres rivalisent d’inventivité pour s’insulter. La stupeur délirante qui étreint la salle donne à la scène un air de peinture baroque, où tous les visages tordus de rage et de douleur, se retrouvent à jamais fixés dans l’éternelle épouvante. Dans ce petit espace clos, elle comprend que c’est la chute de toutes les grandes civilisations qui se rejoue. Un drame antique fascinant, indémodable même. Par-dessus le brouhaha, Ada félicite son comparse :

Bravo ! Brillantissime ! Maintenant, j’ai trois nouvelles.

Elle se penche un peu plus à son oreille et continue de lui parler, sans pour autant dévier son regard du champ de bataille :

Bon, la bonne nouvelle, c’est que je ne pensais pas que ça serait aussi divertissant. La mauvaise nouvelle, par contre, c’est qu’il va falloir amputer. Et la très mauvaise nouvelle, c’est que je ne suis pas équipée pour l’opération…

Au milieu du chaos, elle repère l’homme menaçant, aux prises avec deux autres individus, visiblement prêts à se fracasser mutuellement le crâne. Mais alors qu’il semble relativement bien les contenir, l’un d’entre eux se met à proférer des menaces plus fort encore, tout en brandissant un cran d’arrêt automatique. Dans la faible lumière des ampoules et des cierges, la lame brille et se reflète dans les yeux d’Ada. L’instant d’après, la voilà qui se tourne enfin vers Nero afin de lui adresser son plus beau sourire carnassier.



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Mar 2 Avr - 22:25

#TARTUFO SOLUTION
     
Les yeux rivés sur le spectacle qui se joue devant lui, Nero se laisse entrainer et, s’il écrase quelques pieds au passage, ce n’est que le fruit du hasard. Sa satisfaction ne dure pourtant qu’un court instant ; pendant qu’Ada lui délivre les dernières nouvelles, son visage s’affaisse d’une façon qu’on ne pourrait qualifier que de comique. Du sourire satisfait au froncement de sourcils, il a suffi de quelques secondes et de quelques mots.

« Il y a forcément quelque chose de tranchant qui traine dans… Ada ? »
Sa soudaine bonne humeur le laisse perplexe et, alors qu’il s’apprête à entamer une série de lamentations à rivaliser avec ceux de la veuve (les références aux tromperies d’un mari hypothétique en moins), son regard finit par s’arrêter sur l’objet qui a attiré son attention. Au milieu des cris, des bruits de mâchoires cassées et de jurons, il croit apercevoir un halo divin entourer l’objet, musique annonciatrice de miracles en prime. Sa main se serre plus fort sur le bras d’Ada, témoignage de sa compréhension.

« Encore luiii ! Sûre que ce n’est pas mieux de le laisser l’achever puis de continuer ? » murmure-t-il, sa voix clairement plaintive. Le sinistre individu lui aurait donné envie de détaler si son instinct de survie ne se trouvait pas sur une autre planète, dans un univers parallèle, à plusieurs années lumières. Un regard à gauche, à droite et il lance « Tu ne m’auras pas deux fois. Je lui prends son jouet, tu opères, je refuse que ma chemise préférée subisse plus de dégâts. » avant d’entrainer Ada en direction des trois hommes.

Quelques mètres à peine les séparent ; Nero ne perd pas de temps pour emprunter une démarche soudain chancelante, main droite posée sur ses côtes et main gauche appuyée posée sur l’épaule de sa comparse, un soutien nécessaire pour lui permettre de marcher malgré ses blessures. Un rictus de douleur déforme ses traits habituellement sereins ; leur échappée vers la sortie est logiquement la voie à suivre, pour éviter de s’engager davantage dans une dispute familiale qui ne les concerne pas. Les convives ne leur prêtent aucune attention, au final. Nero s’en retrouverait presque vexé, il a mis des années à de peaufiner son jeu d’acteur et ce manque de reconnaissance l’insulte au plus haut point. Il passe outre, ralentit considérablement le pas à proximité des trois hommes qui continuent à gesticuler.

L’homme au visage sévère est en mauvaise posture ; le dos tourné à l’un de ses assaillantes, il tente de maîtriser l’autre, sans voir qu’il a déjà pu éviter quelques coups de couteau grâce à ses mouvements imprévisibles. À croire qu’il a une chance surhumaine ou que la lame refuse tout simplement de le toucher. Nero ne manque pas de le noter et lance un regard furtif à Ada, un éclair de surprise passant rapidement sur son visage. Il attend quelques secondes pour s’en assurer mais pas de doute, à chaque fois que la main (ornée de quelques bagues qui semblent avoir leur valeur, soit dit en passant) s’abaisse vers le dos tourné, la cible bouge pour éviter celui qui lui fait face et se retrouve à nouveau hors de danger. Perturbé et pressé de réagir avant que qui que ce soit d’autre ne le réalise, il crie « Attention ! » et se jette sans plus de cérémonie sur le colosse muni de l’arme.

Si la salle n’était pas déjà saturée de vociférations et d’injures, plus de personne auraient tourné la tête. Son cri ne fait qu’attirer l’attention de l’homme au visage antipathique, qui se tourne vers eux et écarquille les yeux devant la scène qui s’offre à lui. Et quelle scène ! Fermement accroché à son dangereux adversaire, Nero se fait secouer dans tous les sens, incapable de vraiment lui tenir tête. S’ils font approximativement la même taille, la différence de masse musculaire est particulièrement impressionnante. L’impression qu’il a, une fois de plus, hérité du rôle le plus ingrat se fait pesante. Mais ce qu’il perd en force brute, il le gagne en agilité et sa main déloge adroitement le couteau pour le faire tomber quelques centimètres plus bas, là où Ada pourra y avoir accès. Le bruit du métal sur le sol est perdu dans le fracas général ; Nero a pourtant la désagréable impression que les yeux froids ont suivi sa course. Il n’a malheureusement pas le temps d’y penser davantage. Un coup de coude particulièrement bien placé lui coupe le souffle et il se retrouve projeté au sol. Prostré, il ne voit que les jambes des invités et espère que les talons qui filent à toute allure vers le cercueil sont ceux d’Ada.


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Ada Zheng

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Sam 6 Avr - 16:36

#CALAMITY CALZONE
     
Si on avait dit ce matin à Ada qu’elle se retrouverait aujourd’hui à quatre pattes au milieu d’une foule d’Italiens mal lunés à la recherche d’un instrument pour amputer le doigt d’un cadavre défraîchi, elle aurait sans doute éconduit cette personne dégénérée d’un rire magistral avant de lui refermer très abruptement la porte au nez. Un peu comme lorsqu’on congédie un témoin de Jehova déguisé en facteur un samedi matin : avec une agressive cordialité. Mais à l’instant, Ada n’a pas le cœur à rire. L’endroit sent désormais l’encens et sueur et le sol n’a semble-t-il pas été nettoyé depuis des mois. Il faudra désormais qu’elle pense à brûler cet ensemble en rentrant. Un magnifique tailleur haute couture d’une célèbre maison parisienne. Petit bijou fait main ! Quelle perte. Pour la peine, elle donnera la facture à Nero. Elle constate amèrement que cette petite peste s’est encore attribué le bon rôle. S’ils venaient à se faire coincer, qui passerait alors pour un héros de circonstance, quand l’autre serait traité comme un vulgaire profanateur de tombe ? On se le demande. Dans son malheur, elle aura au moins eu la chance d’assister à ce combat de catch grotesque, où son associé, telle une poupée de chiffon, a littéralement valdingué.

Dorénavant concentrée sur sa mission, Ada s’écarte à plusieurs reprises pour éviter de se faire piétiner. Alors qu’un homme menace de s’effondrer sur elle, un coup de coude sec dans le tibia le redresse subitement et le voilà qui repart au loin, happé par une vague de convives en colère. À travers la pagaille de jambes, elle perçoit enfin le graal. Elle peut presque tendre la main pour s’en emparer, mais, bien entendu, dans le chaos ambiant, un odieux coup du sort, ou plutôt un escarpin noir taille 37, l’envoie valser plus loin. Enfer et damnation ! Elle n’a désormais d’autres choix que de continuer à se frayer un chemin à travers l’épicentre du drame. Cette fois-ci hors de question de se laisser faire. Plus vindicative que jamais, elle pousse à tout va, sans même se préoccuper de l’âge de ses obstacles. Plus que quelques centimètres. Sa main se referme ferment sur le manche du cran d’arrêt. Pour éviter un bête accident, elle rétracte immédiatement la lame et enfouit le couteau dans la poche de sa veste. Satisfaite, elle se relève d’un bond, mais son allégresse n’est que de courte durée. Sans lui laisser le temps de se remettre de ses émotions, l’homme patibulaire l’attire vers lui et s’adresse à elle sur le ton de la menace :

Je peux vous aider ?

Prise de court, Ada s’exclame comme une furie, en levant les bras frénétiquement au ciel, manquant au passage de gifler un homme à côté d’elle :

J’ai perdu ma lentille ! J’ai perdu ma lentille ! Je ne vois plus rien !

Surpris par tant d’emportement, l’inconnu recule, visiblement déboussolée par la situation. Pointant dramatiquement du doigt son comparse toujours à terre (et apparemment sonné par le tour de manège gratuit qu’il vient de subir), elle continue de geindre :

Mon Dieu, est-ce qu’il est mort ? Je ne vois rien ! Je ne vois rien !

En réponse, l’homme bégaie quelques mots incompréhensibles avant de se retourner pour constater l’état de Nero. Poussant les gens sur son passage, il accoure finalement à son chevet, sans doute mû par une mauvaise conscience proéminente. Un genou au sol pour se mettre à la bonne hauteur, il secoue alors l’accidenté comme un pommier :

Monsieur, vous allez bien ? Vous n’êtes pas blessé ? Qu’est-ce qu’il vous a pris d’interférer comme ça ?

Ada comprend de fait qu’elle n’aura pas de seconde chance et se précipite vers le cercueil abandonné de tous ; même les petites vieilles préfèrent commenter les décrochages de molaires. Le dos tourné à la foule, elle sort discrètement le couteau de sa poche et commence à entailler l’annulaire du mort. La lame s’enfonce sans difficulté dans la chaire putride et le sang coagulé avant de buter sur un os. Avec crispation, elle tente de scier le nœud du problème. Alors que la sueur commence à perler sur son front, elle décide finalement de fracturer l’os à la main. Après un craquement à peine perceptible, le doigt se met à pendouiller piteusement avant de se détacher entièrement. Ada peut enfin récupérer son dû, non sans délectation :

Viens voir maman….

Après avoir tenté de remettre correctement le doigt du défunt, ni vu ni connu, elle enfouit la bague et l’arme du crime dans sa poche et se retourne avec le visage de l’innocence. Seule, face à elle, une petite vieille, la bouche grande ouverte et les yeux emplis de terreur, la regarde fixement.




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Sam 1 Juin - 21:30

#CANNELLONI SYNDROM
     

Toujours à terre, Nero ne compte qu’un seul grand blessé : son égo. Comme si le rodéo forcé n’avait pas suffi, le voilà maintenant balloté en tous sens par celui qui aura été sans contexte une épine dans le pied pendant toute l’opération. Sa tête lui fait un mal de chiens et les mouvements brusques, plutôt que de l’aider, l’empêchent de se relever. Son apathie semble agacer au plus haut point son bienfaiteur, à sa grande satisfaction. L’esprit embrumé et les yeux difficilement focalisés, il ne peut qu’apprécier la profonde contrariété qui creuse les traits durs. En se raccrochant comme il peut à une paire de jambes et en se maintenant au sol, le galeriste finit par se relever, toujours sonné.

« Ne me remerciez pas, surtout, je voulais seulement vous éviter de terribles blessures !
– De … ? Je n’avais pas besoin de vous ! Vous vous êtes suffisamment mêlés de ce qui ne vous regarde pas aujourd’hui.
– Vous n’êtes quand même pas furieux parce que j’ai VOULU VOUS AIDER ?
»

Indigné, Nero fait un pas chancelant. Cette fois-ci, pas besoin de jouer la comédie ; les murs de la pièce dansent réellement autour de lui et le doigt qu’il a voulu pointer en direction de l’homme prend des libertés pour frapper une dame qui le pousse sans ménagement. Son interlocuteur lui attrape durement le bras pour l’empêcher de tomber une nouvelle fois, à son grand soulagement. C’est que son entrevue avec le sol ne lui a pas laissé un souvenir inoubliable.

« Et bien abstenez-vous, la prochaine fois ! Ou mieux encore, déguerpissez et priez qu’elle n’arrive jamais. » Assène le trouble-fête, dont les yeux froids scrutent la foule à la recherche d’Ada, sans aucun doute. Conscient qu’il n’a plus son attention, Nero ne perd pas de temps à la chercher ; il sait parfaitement qu’il doit viser le cercueil. La foule est toujours aussi compacte mais sa démarche imprévisible, vision floue et visages projetés en double en faute, lui permettent de tracer un chemin efficace, bien que zigzaguant. Et face à la scène qui l’attend devant le cercueil,  il se demande réellement s’il n’a pas écopé d’une commotion cérébrale dans la foulée. Parce qu’il n’y a pas une mais deux vieilles peaux qui se regardent, un même air horrifié, bien que pour des raisons totalement différentes, peint sur leurs visages respectifs. Et, malheureusement pour Nero, l’une des deux seulement est son acolyte.

Une fraction de secondes plus tard, un coup de coude d’un invité le projette vers la droite. Derrière l’italienne se dessine un escalier qu’il n’avait pas encore aperçu, donnant sans doute sur la cour extérieure. Nero n’a pas le temps de réfléchir. Simulant un mouvement de foule, il bouscule violemment la vieille dame, projetée sans cérémonie sur la volée de marches.

En s'excusant mentalement, il ne regarde pas derrière lui et feint une demi-chute pour attraper au vol sa partenaire et dévaler les escaliers sans demander son reste. Des cris scandalisés et un bruit assourdissant résonnent dans son dos mais il ne s’offre pas le luxe de se retourner, surtout quand il n’est plus vraiment capable de courir droit. « Voiture... Tu… l’as ? » Halète-t-il, incapable de former une phrase cohérente. Seule la recherche du maudit véhicule compte, pour pouvoir s'éloigner des ordres qu'une voix bien trop familière semble hurler de l'intérieur.

« POUSSEZ-VOUS ! POUSSEZ-VOUS DONC, ILS S’ÉCHAPPENT !
– Attention, tu écrases son bras !
– Parce que tu crois vraiment qu'elle sent encore quelque chose ?!
»

C’est sans doute la première fois que Nero est heureux de la couleur voyante du véhicule, qui le rend impossible à rater parmi toutes les voitures sombres. Il espère seulement qu’ils y parviendront à temps et que le sinistre craquement qu’il a entendu ne provient pas de la pauvre grand-mère ; une nouvelle mort à un enterrement, c’est un peu surfait, après tout.


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